Il faudrait nationaliser le cœur
Puisqu’il est à gauche
Comme cela le cœur aurait une bonne raison
Que la raison connaîtrait.
Il faudrait nationaliser le cœur
Puisqu’il est à gauche
Comme cela le cœur aurait une bonne raison
Que la raison connaîtrait.
Ma belle, ma douce France
Tu as choisi la rose
Comme don d’espérance
De souffle, de temps de pause
Pour tes enfants chéris
Ces chercheurs de bonheur
Tourmentés, démunis,
En quête de vraies valeurs.
Ma belle, ma douce France
Éprise de liberté
Éclose dans la souffrance
Pour plus d’égalité
Accueille cette nature
Pousse du mois de mai
Comme gage d’épure
Et de fraternité.
Ma belle, ma douce France
Cuisse-de-nymphe-émue
Partage l’appétence
De cette fleur de vertu
Et donne-lui la chance
De fleurir cinq années
D’être une munificence
Dès que potron-minet.
Qu’il est bon de rêver
D’eau pure et de lumière
Se laisser transporter
Des semaines entières
Dans son espace à soi
Son égo, son surmoi
Villégiature endroit
Interactions d’émois.
Laisser cette énergie
Cette attention flottante
Déplacer à l’envi
Les images aimantes
Pellicule vivante
À peine impressionnée
Dans la chambre inconsciente
Dont le lit n’est pas fait.
Qu’il est bon de rêver
Être bien dans sa peau
Voir se représenter
Des effets d’imagos
Imaginer voler
Au milieu des oiseaux
Et puis se réveiller
Quand le coq corico.
Qu’il est bon de rêver
De rêver éveillé
Pouvoir bénéficier
De cette étrangeté
Pouvoir se balancer
Affranchi des complaintes
Et puis se dégager
De toutes les contraintes
Se perdre dans le mirage
De son manuel de vie
Parcourir les pages
De la palingénésie.
Moi je donne, lui il prend,
Ça dépend d’où vient le vent.
Lui il triche, moi non plus,
Ce n’est que du superflu
Et pendant ce temps-là
Pour qui sonne le glas
De l’infâme galère
De l’horrible misère.
Oui, je dis la vérité.
Non, il ment vous le savez.
Au-delà, en deçà,
Trois p’tits tours et puis s’en va.
Et pendant ce temps-là
Pour qui sonne le glas
De l’infâme galère
De l’horrible misère.
Donnez-moi votre confiance,
Avec lui c’est la méfiance.
Je suis votre unique assurance,
Vous voulez dire désespérance.
Et pendant ce temps-là
Pour qui sonne le glas
De l’infâme galère
De l’horrible misère.
Les paroles sont cuites
Et que sera la suite :
Un bouillon d’amertume
Et d’écume de plumes !
Il faudrait philosopher
Pour refaire le monde
Et brasser des idées
À cent lieues à la ronde
Interroger des maîtres
À l’esprit socratique
Considérer, connaître
La méthode maïeutique.
Pratiquer le bon sens
Et puis argumenter
Pour extirper l’essence
Du jugement donné
Avancer dans la voie
De l’analyse logique
Pour savoir le pourquoi
De la métaphysique
Travailler le mouvement
De la pure dialectique
Pour prendre le tournant
Du cogito gnostique
Éviter de la sorte
Tout faux raisonnement
Pour que s’ouvre la porte
Au juste entendement.
Il faudrait philosopher
Comme au temps d’Aristote
Spéculer, raisonner
Sans tournure de litote
Penser la politique
Au sens de la cité
Avec un code d’éthique
Pour chaque administré.
Flanquer la rhétorique
Les fables des élus
Hypocrites sophistiques
Avec les résidus
Supprimer les systèmes
Qui minent la réflexion
Accueillir en nous-mêmes
La plus large opinion.